The Mimicking of Known Successes : une enquête autour du thé
Pleiti voudrait retrouver ses recherches. Mais Mossa l’attend à la gare : enquêtrice, ancienne compagne, et présence qui rend difficile à interpréter une simple invitation à prendre le thé. Pleiti comprend la demande d’aide professionnelle ; ce que la visite pourrait signifier pour elles deux lui paraît moins sûr.
Déjà lu ? Trouver le suivantEstimation éditoriale, pas une mesure exacte
Un visage connu dans une météo étrangère
Une tempête secoue le wagon lorsque Pleiti arrive à l’université de Valdegeld. Elle admire les vieux bâtiments et cherche dans la plateforme une jointure laissée par un satellite récupéré. À côté d’elle, dans le froid, Mossa préférerait rentrer. Les retrouvailles commencent par deux personnes qui regardent le même lieu et le vivent très différemment.
L’attachement de Pleiti donne à cette colonie lointaine une vie quotidienne. Elle en connaît les boutiques, les trajets peu commodes et les agréments. Cette affection retarde aussi son attention à sa compagne. Le décalage produit un embarras familier : bien connaître quelqu’un ne garantit pas qu’on remarque ce dont cette personne a besoin à présent.
Ce que peut signifier une invitation
Pleiti conduit Mossa dans ses appartements. Mossa examine les meubles, et Pleiti réévalue aussitôt ses propres choix de décoration. Puis arrive la raison de la visite : le travail. Les questions de Pleiti se font plus vives. Elle avait presque laissé leur passé commun donner son sens à la rencontre ; Mossa est venue avec un besoin actuel.
La narration à la première personne saisit ce déséquilibre sans fixer les sentiments de Mossa. Nous entendons l’espoir et l’agacement de Pleiti, tandis que Mossa ne se laisse connaître que par ses gestes et ses paroles. Une demande d’aide peut dès lors évoquer à la fois une intimité retrouvée et un usage malvenu de leur ancienne proximité. La conversation maintient ces deux possibilités.
Qui décide du meilleur scone ?
Interrogée sur l’universitaire disparu, Bolien Trewl, Pleiti se rappelle sa certitude quant aux scones que tout le monde devrait préférer. Le souvenir rend l’arrogance intellectuelle concrète : même le goût d’autrui devient matière à leçon. Mossa la pousse à distinguer l’importance que cet homme accorde à ses recherches de celle qu’elles lui donnent à ses propres yeux.
L’antipathie de Pleiti devient un renseignement, mais révèle aussi ce qu’elle attend de Mossa. Elle voudrait retrouver la plaisanterie complice qu’elles auraient autrefois échangée. Mossa continue d’écouter en enquêtrice, et Pleiti lui en veut pour cette distance professionnelle. La recherche d’indices se heurte ainsi au désir de la personne qui fournit les informations.
Une Terre connue par fragments
À la gare, Pleiti compare les visages à des pétales, puis avoue qu’elle ne se représente pas très bien les pétales. Plus tard, les deux femmes se disputent sur le nom de l’institut qui conserve les espèces terrestres. Une métaphore savante et une querelle de vocabulaire introduisent la perte d’un monde dans une conversation où restent les miettes et la cannelle.
L’éditeur précise que Pleiti étudie les écosystèmes d’avant l’effondrement de la Terre pour contribuer à un possible retour. Son savoir porte donc une responsabilité pratique, au-delà du prestige universitaire. Dans les passages lus, les objets et les mots montrent déjà la difficulté de connaître un lieu à travers ses vestiges. Le point de départ de l’intrigue donne à cette difficulté des conséquences pour l’enquête.
Deux entrées dans le mystère
Dans son essai The First Two Pages, Older explique avoir ajouté un prologue à la troisième personne, centré sur Mossa, pour placer le mystère avant les retrouvailles. La première version commençait par l’arrivée de Pleiti. Ce choix donne aux deux femmes des positions narratives différentes : l’enquêtrice peut d’abord être observée en dehors du récit de celle qui la connaît et ressent son absence.
Voici le premier volume de The Investigations of Mossa and Pleiti. Les passages du début s’adressent particulièrement aux lecteurs qui aiment voir une conversation vérifier un témoignage, rappeler une relation et trouver une raison de passer encore une heure ensemble. Qui attend une poursuite immédiate pourra être moins sensible à cette ouverture faite d’échanges et d’hésitations affectives. Le thé et l’abri ont leurs plaisirs ; la disparition inexpliquée d’un homme comprend aussi l’hypothèse d’un suicide ou d’une chute. La chaleur domestique reste proche du danger.
Trois pistes pour poursuivre
A Psalm for the Wild-Built · Becky Chambers
Dans A Psalm for the Wild-Built, Becky Chambers donne aussi à l’hospitalité une place dans les questions de science-fiction : un moine du thé rencontre un robot qui cherche à comprendre les besoins humains.
Ce qui change: La rencontre se construit autour de cette question du besoin. On peut choisir ce livre pour cette conversation ; chez Older, les deux femmes confrontent aussi les indices d’une disparition et leur passé amoureux.
The City & The City · China Miéville
The City & The City, de China Miéville, suit une enquête pour meurtre dans un espace urbain inhabituel, où comprendre la façon dont les gens occupent un lieu compte pour résoudre l’affaire.
Ce qui change: Le point de départ de Miéville concerne deux villes et leurs frontières. Les règles civiques y façonnent une enquête policière, à côté de l’université et des retrouvailles entre enquêtrice et universitaire chez Older.
All Systems Red · Martha Wells
All Systems Red, de Martha Wells, place également un observateur réticent dans une mission de science-fiction dangereuse : une unité de sécurité consciente protège une équipe de reconnaissance en rêvant de divertissement.
Ce qui change: L’unité de sécurité raconte elle-même, avec le danger physique et les obligations envers les entreprises tout proches. L’ouverture d’Older laisse plutôt l’investissement affectif de l’universitaire compliquer notre regard sur l’enquêtrice.
Questions avant de lire
Est-ce le premier livre consacré à Mossa et Pleiti ?
Oui. L’éditeur le présente comme le premier volume de The Investigations of Mossa and Pleiti. L’ancienne relation des personnages appartient au passé de cette histoire, sans exiger la lecture d’un volume précédent.
Les Classics correspondent-elles aux études classiques actuelles ?
La discipline de Pleiti porte sur la Terre avant son effondrement écologique, notamment ses anciens écosystèmes. Le début distingue aussi Classical, Modern et Speculative : cette désignation universitaire familière appartient aux divisions du savoir propres à la société future.
Les chemins de fer et les intempéries sont-ils terrestres ?
Non. L’éditeur situe la colonie humaine sur Jupiter, appelée Giant dans les passages. Les habitants circulent entre des plateformes construites grâce à des anneaux ferroviaires. La tempête et la possible disparition d’un homme au-delà d’un bord ont donc un cadre physique différent de celui d’un mystère universitaire terrestre.
Sources et démarche éditoriale
La lecture directe couvre l’extrait anglais public de Macmillan : le chapitre 1 et le début du chapitre 2, jusqu’aux préparatifs de départ des appartements, ainsi que les courts passages du prologue cités dans l’essai de trois pages The First Two Pages, écrit par Malka Older. Nous n’avons pas lu toute la novella. L’essai donne l’explication de l’autrice sur l’ajout du prologue ; les présentations des éditeurs étayent le cadre général, la place dans la série et les comparaisons. Les interprétations littéraires sont celles de FolioRoam.
- Macmillan / Tor Books · Authorised English Chapter 1 and opening of Chapter 2
- Macmillan / Tor Books · The Mimicking of Known Successes, publisher premise and series identity
- Macmillan / Tordotcom · A Psalm for the Wild-Built, publisher premise
- Penguin Random House · The City & The City, publisher premise
- Macmillan / Tor Books · All Systems Red, publisher premise
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