The Nakano Thrift Shop : ce que les gens ne disent pas
M. Nakano demande la sauce soja comme si chacun avait suivi la conversation dans sa tête. Hitomi remarque les étapes manquantes. Au début de The Nakano Thrift Shop, Hiromi Kawakami donne à un simple déjeuner toute la difficulté de se rapprocher de quelqu'un. Hitomi tient la caisse ; Takeo participe aux enlèvements de marchandises. Autour d'eux, les objets d'occasion changent de mains, tandis que les intentions restent plus difficiles à saisir. Allison Markin Powell traduit ce roman japonais en anglais.
Déjà lu ? Trouver le suivantEstimation éditoriale, pas une mesure exacte
Une conversation privée de son milieu
Nakano explique son raccourci habituel : il déroule un raisonnement, puis n'en énonce que la conclusion. À Hitomi et Takeo de compléter ce qu'il omet. Le déjeuner rend l'incompréhension comique sans la dissiper. Les employés repèrent cette habitude, mais leur patron continue de parler comme si sa logique personnelle allait de soi.
Hitomi pose une question directe, alors que son récit comporte de petites hésitations. Nous découvrons sa façon d'observer les gens avant de savoir ce qu'elle attend d'eux. C'est l'intérêt de ce début : être attentive ne lui indique pas forcément comment répondre.
Le charme du magasin porte des traces de cendre
Nakano insiste : il vend de l'occasion, pas des antiquités. Son stock comprend des objets domestiques dont l'utilité ou l'attrait ne saute pas aux yeux. De la cendre tombe sur un presse-papier décoratif pendant qu'il prépare l'étalage. Ce détail rend le magasin concret : quelqu'un doit disposer ce bric-à-brac et l'essuyer.
Les lunettes qu'achète un client n'ont pas besoin d'être adaptées à sa vue. Hitomi s'en étonne. Pour le lecteur, un petit écart s'ouvre entre la fonction d'un objet et le désir de le posséder. Le commerce rassemble des envies sans avoir à les expliquer.
Ce que Hitomi peut savoir de Takeo
La première collecte que Takeo effectue seul lui vaut des compliments : il a payé peu cher un lot contenant un récipient précieux. Pourtant, Hitomi connaît l'affaire par les récits des autres. Elle distingue ce qu'elle a entendu, ce que Takeo lui a dit et ce qu'elle suppose. J'apprécie cette précision. Les commérages entrent dans le récit sans devenir une explication omnisciente.
Le début révèle aussi le harcèlement scolaire à l'origine de la blessure à la main de Takeo. Les adultes ont traité son départ de l'école comme un échec personnel ; Hitomi ne comprend pas aisément sa réaction. Sa réserve prend un contexte douloureux. Qui cherche un roman de boutique entièrement apaisant doit savoir que la violence et la négligence sont présentes dès ces pages.
Se côtoyer ne suffit pas à devenir proches
La présentation de Granta place l'attirance de Hitomi pour Takeo à côté des liaisons de Nakano et de la vie de sa sœur artiste, Masayo. Leurs expériences différentes permettent au magasin d'accueillir plusieurs histoires affectives. Dans son entretien avec English PEN, Kawakami nomme la solitude et les difficultés de communication parmi les sujets du roman. On peut connaître quelqu'un tout en le sentant hors d'atteinte.
Powell explique dans le même entretien qu'il lui a fallu inventer des solutions cohérentes en anglais pour les habitudes verbales des personnages. Dans son essai pour la Japan Foundation, elle décrit aussi son souci de préserver l'ambiguïté de Kawakami. Les trous dans la conversation du déjeuner méritent ainsi l'attention : tout expliciter changerait la rencontre.
Avoir envie de rester au magasin
Le début passe du déjeuner aux souvenirs, puis au travail d'achat et de vente, sans problème urgent qui organise tous les détails. Il convient aux lecteurs qui aiment suivre une voix réfléchissant aux rencontres ordinaires. Si vous attendez rapidement un objectif précis et des progrès visibles, les détours pourront sembler lents.
Il y a aussi un plaisir inconfortable à remarquer combien d'explications laissent Hitomi insatisfaite. Partager un repas ou un lieu de travail n'empêche pas de se méprendre sur quelqu'un. L'intérêt est de voir s'accumuler ces compréhensions partielles. Une promesse de certitude amoureuse serait une mauvaise raison de choisir ce livre.
Trois pistes pour poursuivre
Convenience Store Woman · Sayaka Murata
Sayaka Murata se sert aussi du travail en magasin pour examiner le rapport d'une femme aux autres.
Ce qui change: Keiko trouve dans le manuel d'une supérette des règles à suivre. À choisir pour la pression sociale à paraître normale ; le début de Kawakami repose sur des habitudes qui échappent à un règlement commun.
Sweet Bean Paste · Durian Sukegawa
Durian Sukegawa réunit lui aussi des personnes autour d'un petit commerce et du travail quotidien.
Ce qui change: Un vendeur de dorayaki apprend d'une femme âgée l'art de préparer la pâte de haricots, tandis que les préjugés menacent leur relation. Une piste pour la cuisine, l'apprentissage et l'exclusion ; chez Nakano, la transmission commence de façon moins assurée.
The Summer Book · Tove Jansson
Tove Jansson laisse également aux petites rencontres la place de porter des émotions difficiles.
Ce qui change: Une fillette et sa grand-mère passent l'été sur une île finlandaise. Une piste pour un lien entre générations façonné par la nature ; les adultes de Nakano vivent parmi les marchandises, les clients et les désirs hésitants.
Questions avant de lire
Est-ce une romance ?
L'attirance de Hitomi pour Takeo figure dans la présentation de l'éditeur, avec les relations des autres adultes. Cela ne garantit ni les conventions ni la fin rassurante d'une romance de genre.
Est-ce un nouveau roman ou une réédition ?
L'original japonais a paru en 2005. La traduction anglaise de Powell est sortie au Royaume-Uni en 2016, avant l'édition américaine Europa de 2017. Le poche Granta actuel date de 2025 : c'est une édition ultérieure, pas la première publication du roman.
Qui a traduit l'édition anglaise ?
Allison Markin Powell. Cette présentation examine son texte anglais ; la langue d'une édition Kindle doit être vérifiée séparément de celle de cette page.
Sources et démarche éditoriale
La lecture directe porte sur l'aperçu anglais Europa librement visible sur Everand, du début de Rectangular #2 à l'échange sur les vieilles lunettes et les objets utiles. Le reste du chapitre et du roman n'a pas été lu. Les éléments plus larges viennent de Granta ; les propos de l'autrice et de la traductrice sont attribués ci-dessus. Interprétations et comparaisons sont celles de FolioRoam ; les prémisses des comparaisons ont été vérifiées chez les éditeurs.
- Everand / Europa Editions · Licensed English preview, Rectangular #2 opening through the useful-things exchange
- Granta Books · The Nakano Thrift Shop, official premise and current 2025 paperback (not original publication)
- English PEN · Direct interview with Hiromi Kawakami and Allison Markin Powell, September 2016
- Japan Foundation · Translating Hiromi Kawakami, first-person essay by Allison Markin Powell
- Grove Atlantic · Convenience Store Woman, official premise
- Bloomsbury / Oneworld · Sweet Bean Paste, official premise
- New York Review Books · The Summer Book, official premise
- Amazon US · Existing English Kindle reference B079MHY66W (current offer not freshly checked)
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