The Spear Cuts Through Water : qui peut entendre les vieilles histoires ?
Avant que Jun et Keema n'escortent une divinité en fuite à travers un royaume, The Spear Cuts Through Water nous invite à nous asseoir dans une cuisine auprès d'une grand-mère. Simon Jimenez inscrit une rébellion épique dans l'acte d'écouter : une voix dont on se souvient, une famille réunie, un rêve qui rassemble des inconnus. Dès le début, la distance entre une vieille histoire et la personne qui l'entend paraît étonnamment courte.
Déjà lu ? Trouver le suivantEstimation éditoriale, pas une mesure exacte
Une grand-mère donne le rythme
La grand-mère du souvenir, appelée lola, roule une cigarette en racontant des histoires. La courte durée de la cigarette mesure celle de sa prestation. L'enfant aide à coller le papier et sent des brins de tabac sur sa langue. L'écoute commence par un geste à la fois intime et légèrement désagréable.
Son irritation de voir l'enfant grandir complique cette tendresse. L'affection mêle le désir de protéger et l'impatience d'envoyer le jeune être au loin. Dans cette cuisine, la conteuse prend un âge et un tempérament ; les vieilles histoires passent par une personne dont le temps est lui-même compté.
Deux auditoires sous le même toit
Les frères se rassemblent autour d'une aventure radiophonique, tandis que la personne qui écoute reste auprès de lola. Le désir d'appartenance tire dans deux directions : rejoindre le groupe et le garder en vue depuis une certaine distance. Cette hésitation donne un caractère personnel à la deuxième personne. Le « tu » a une famille et y occupe une place inconfortable.
Cette adresse demande au lecteur d'habiter les souvenirs de quelqu'un d'autre. Elle laisse aussi percevoir la distance entre cette vie et la nôtre. On peut s'y reconnaître sans que la personne qui écoute devienne une figure vide censée représenter tout le monde.
D'une voix intime à une foule
La fumée entraîne la scène remémorée vers l'Inverted Theater, où les pensées d'autres rêveurs entrent dans la narration. Leurs inquiétudes portent sur le travail et les amours perdues ; certains parlent des langues inconnues. Le public apporte dans ce lieu extraordinaire des vies ordinaires dont rien n'est encore réglé.
Dans le guide de discussion de l'éditeur, le théâtre est un lieu de rencontre à travers le temps et l'espace. Le guide interroge aussi les voix des morts dans le roman. La quête s'inscrit ainsi dans un récit reçu puis transmis. Suivre qui parle et qui peut écouter fait partie de la lecture elle-même.
Une divinité fuit sa propre dynastie
La présentation générale de l'éditeur donne à cette aventure une forme concrète. Jun, un garde accablé par la culpabilité, et Keema, un paria, aident une divinité emprisonnée à s'échapper. Ses descendants ont utilisé son pouvoir divin pour maintenir le règne du Moon Throne. Le voyage de cinq jours place donc un lien familial au cœur d'une lutte politique : la source du pouvoir dynastique cherche à lui échapper.
Le résumé distingue le passé coupable de Jun des efforts de Keema pour s'assurer un avenir. Leur mission commune ne rend pas leurs parcours interchangeables. La divinité captive est aussi une mère qui fuit ses enfants : le conflit a déjà une intimité inconfortable avant même que nous sachions comment se déroule l'évasion.
L'attention que demande cette fantasy
Dans sa lettre aux lecteurs, Jimenez décrit le livre comme un roman indépendant délibérément ample. Il précise que la fin n'annonce pas une suite. Cette indication aide à choisir si l'on hésite à commencer une nouvelle longue série. Le voyage a une durée définie de cinq jours, mais le dispositif narratif qui l'entoure demande davantage de patience que ne le laisserait penser une simple poursuite.
Le début passe du souvenir d'une cuisine à un public réuni en rêve avant que la quête principale commence. Les lecteurs qui aiment s'attarder sur la façon de raconter trouveront déjà matière à s'intéresser au récit avant le départ. Ceux qui cherchent un point de vue stable et un départ immédiat pourront trouver le début sinueux. La présentation de l'éditeur évoque un pouvoir coercitif et une captivité familiale. Le bref début ne permet pas de promettre une lecture douce ni d'évaluer toute la violence qui suivra.
Trois pistes pour poursuivre
Piranesi · Susanna Clarke
Susanna Clarke fait elle aussi de l'entrée dans un lieu inconnu une façon d'apprendre comment une histoire peut se raconter.
Ce qui change: Piranesi suit une personne qui tient un journal dans une immense Maison faite de salles, de statues et de marées. Choisissez son mystère personnel plus resserré si le théâtre de rêve vous attire davantage qu'une quête impériale et un groupe de personnages plus nombreux.
This Is How You Lose the Time War · Amal El-Mohtar & Max Gladstone
Amal El-Mohtar et Max Gladstone relient eux aussi les sentiments intimes à un conflit qui dépasse ses participants.
Ce qui change: Des agentes rivales échangent des lettres à travers le temps. Choisissez ce récit plus court pour sa forme épistolaire ; Jimenez commence par le souvenir d'une personne qui écoute et par une représentation collective.
The Vanished Birds · Simon Jimenez
Le précédent roman de Jimenez place lui aussi des êtres vulnérables et marginaux dans une histoire de voyage et d'appartenance.
Ce qui change: Une capitaine de vaisseau spatial et un enfant mystérieux entrent dans une famille de fortune à travers l'espace et le temps. C'est un roman de science-fiction distinct, sans ordre de lecture imposé ni affirmation d'un univers commun.
Questions avant de lire
Est-ce une suite de The Vanished Birds ?
Non. Dans sa lettre d'auteur, Jimenez présente The Spear Cuts Through Water comme un roman indépendant de fantasy épique. Son précédent roman est une œuvre distincte.
Cinq jours, est-ce que cela signifie un livre court ?
Cette durée désigne celle de la quête. Del Rey indique 544 pages pour son édition numérique anglaise ; le théâtre de rêve et les souvenirs de famille encadrent le voyage. Ce nombre de pages concerne une édition précise et ne permet pas de promettre un temps de lecture sur Kindle.
Pourquoi le début s'adresse-t-il au lecteur en disant « tu » ?
Cette adresse nous place dans les souvenirs d'une personne précise avant d'arriver à l'Inverted Theater. Cette personne a une grand-mère et des frères. Le « tu » nous assigne ainsi la place d'un personnage, sans donner de consigne au lecteur.
Sources et démarche éditoriale
La lecture directe couvre l'intégralité de l'extrait d'ouverture affiché par Penguin Random House Higher Education, du souvenir de lola en train de fumer jusqu'au moment où la personne qui écoute s'assied dans l'Inverted Theater, avant le début de la représentation. Le reste du roman n'a pas été lu. Les éléments généraux de l'intrigue viennent de l'éditeur ; les remarques sur l'ampleur du livre et sa forme indépendante viennent de la lettre d'auteur de Jimenez et du guide de discussion de l'éditeur. Les interprétations et les choix de comparaison sont ceux de FolioRoam.
- Del Rey / Penguin Random House · The Spear Cuts Through Water, wider premise and English ebook date
- Penguin Random House Higher Education · Authorised English opening excerpt, lola memory to the theater seat
- Del Rey · Simon Jimenez author letter and publisher discussion guide (later-story questions contain spoilers)
- Bloomsbury · Piranesi reading group guide, publisher premise (later questions contain spoilers)
- Saga Press / Simon & Schuster · This Is How You Lose the Time War, publisher premise
- Amazon US · Existing English Kindle reference B08MPV7Z6Q (current offer not freshly checked)
Trouver des avis de lecteurs
Consultez le point de vue d’autres lecteurs. Les avis externes peuvent concerner d’autres éditions.
Site externe ; contenu éventuellement en anglais.